Par une belle journée ensoleillée, nous sommes 11 amicafiennes bien décidées à entreprendre le parcours des « manifs » mais dans les parcs et jardins qui le jalonnent.
Après quelques explications sur la place de la Nation, nous traversons le boulevard Voltaire, lieu de rendez-vous pour rejoindre la courte rue Guinot et atteindre le premier square nommé « square des Jardiniers ».
D’une superficie de 4 877 m2, il a été créé en 1985 et remanié en 1992. Son nom évoque les nombreuses cultures maraichères autrefois développées dans ce quartier. On peut y voir un mur en trompe-l’œil réalisé par Michel Boutroux avec pour thème l’art topiaire.

Nous ressortons par la petite impasse des Jardiniers, traversons l’avenue Philippe Auguste pour rejoindre le « Passage du Berceau », passage sinueux ondoyant entre les immeubles.
Puis, nous arrivons dans le « jardin Damia », second lieu de notre parcours. Situé dans le quartier Sainte Marguerite, ce jardin nous plonge dans un monde végétal avec une palette de couleurs variant de massifs en massifs.

Antérieurement nommé jardin « Sonia et Robert Delaunay », il porte désormais celui de la chanteuse et actrice Marie-Louise Damien (1892-1972) dite Damia. Elle fut l’une des plus célèbres vedettes du music-hall français d’avant-guerre avec Fréhel, Berthe Sylvia et Edith Piaf, certaines d’entre nous s’en souviennent ! Elle était surnommée la tragédienne de la chanson. Elle fut interdite en Roumanie parce que sa chanson « Sombre dimanche » avait provoqué plusieurs suicides.
Nous poursuivons par le « Passage du Bureau » qui nous mène rue de Charonne sur notre gauche, puis rue de Nice qui aboutit au troisième jardin du circuit, le jardin Emile Gallé.

D’une superficie de 5 840 m2, il est aménagé en 1886 sur l’emplacement d’une ancienne remise de voitures de chevaux et porte le nom du maitre verrier, céramiste et fondateur de l’école de Nancy.

De forme rectangulaire, il s’organise autour d’une cour pavée d’où partent quatre allées en forme de croix avec en son centre un bassin avec jet d’eau. A l’Est, une partie du jardin est occupée par un cadran solaire monumental au centre d’une demi-cercle de 18 m de diamètre créé par Daniel Bry en 1986. Il fait face à un amphithéâtre au-dessus duquel sont installées des sculptures abstraites en pierre de Bourgogne symbolisant les heures

Ce cadran solaire est situé devant d’imposants magnolias qui, en cette saison, sont en pleine floraison, un vrai régal !! Partout, des fleurs en abondance et de toutes sortes : camélias, jonquilles, primevères pour le plus grand plaisir des photographes ou des passionnées d’horticulture.
Nous en profitons pour faire une pause afin de profiter du spectacle, de sourire et de prendre la pose…

Nous quittons à regret ce lieu enchanteur par la rue de la Petite Pierre, parallèle à la rue de Nice et revenons à nouveau sur la rue de Charonne, sur le trottoir d’en face, au numéro 159. Nous entrons dans l’immeuble pour découvrir le jardin Colbert, quatrième lieu à visiter. D’une surface de 6 337 m2, il est créé en 1975 dans le quartier de la Roquette, c’est le square le plus caché de Paris.
Il abrite un jardin solidaire nommé « Marcotte » animé par l’association « cultures en herbes » qui propose des ateliers gratuits destinés aux adultes. Un élégant pavillon néo-classique, ultime vestige de l’ancienne pension, sorte de maison de santé, fondée en 1770 par le médecin Jacques Belhomme a servi pendant la Révolution de refuge à des personnes fortunées.
Le domaine fut démantelé et loti après la seconde guerre mondiale. Actuellement, le pavillon, nommé pavillon Colbert, abrite un centre social géré par la Ville de Paris. Le square a été rebaptisé Jean-Baptiste Colbert, du nom du ministre de Louis XIV, contrôleur général des finances.

Nous abandonnons la sérénité de l’endroit et franchissons la rue Emile Lepeu puis deux passages : Alexandrine et Gaston Lepeu. Ce sont des voies tranquilles et végétalisées, d’abord privées puis publiques depuis 1933.
Nous empruntons ensuite la rue Léon Frot et tournons à droite passage Courtois dont on voit à son extrémité, un beau portail classique, celui de la pension Belhomme, déplacée à cet endroit.

Le passage nous conduit vers le square de la Folie Regnault, cinquième lieu du circuit. Ce square d’une surface de 850 m2 doit son nom à un riche commerçant en épices du nom de Regnault de Wandonne qui était en 1371 propriétaire d’une maison de campagne entourée de terres qui constituèrent un lieu-dit « la Folie Regnault » en 1396.

En sortant par la rue de la Folie Regnault, l’une d’entre nous remarque au-dessus de la porte d’un garage au n° 28, une publicité pour « avoir un taxi ou un fiacre » suivi d’un numéro de téléphone, histoire de se replonger dans une époque révolue !!!

Puis, quelques mètres plus loin au n°40, un immeuble de brique rouge attire notre attention, il s’agit de l’Institut Français. Sa façade est habillée d’un lierre de verre et d’acier géant courant sur cinq étages. Chaque élément est différent. L’œuvre est intitulée « Hedera » : lierre en latin réalisée par l’artiste Clara Rivault, dans la charte « 1 œuvre, 1 immeuble ».

Ensuite, nous tournons dans la rue de la Roquette sur notre gauche pour entrer dans le square de la Roquette, sixième étape de notre promenade. Ce square d’une surface de 18 915 m2 a été réalisé en 1977 à l’emplacement de la prison de la Petite Roquette. En 1836, l’architecte Hyppolite Lebas construit la prison sur une partie des terrains du couvent des Hospitalières de la Roquette. Elle sert de prison pour les enfants et jeunes délinquants âgés de 6 à 20 ans, puis de prison pour femmes à partir de 1932. A l’entrée du jardin, deux guérites, seuls vestiges de la prison nous accueillent.
Sur les murs, deux plaques évoquent le souvenir des politiques internés dans cette prison de 1940 à 1944. Elle est démolie en 1974.

La prison de la Grande Roquette construite en 1830 devient le centre de la guillotine de 1851 à 1899, date de la fermeture. L’emplacement de la guillotine est symbolisé par cinq plaques de granit incrustées dans le sol de la rue de la Croix Faubin, en face de la rue de la Roquette. Nous traversons le jardin peu fréquenté à cette heure de l’après-midi pour grimper sur la passerelle qui mène au belvédère, hélas fermée, nous devons opérer un demi-tour.

Emplacement de la guillotine
Nous ressortons par la rue de la Roquette, puis les rues Servan, Duranti, Saint Maur où nous passons devant l’Atelier des Lumières dont bon nombre de membres de l’AMICAF ont visité ses expositions immersives.
Nous atteignons le square « Maurice Gardette » » huitième et ultime étape du circuit. Ouvert au public en 1872, il est implanté sur l’ancien abattoir de Ménilmontant et s’étend sur 9 442 m2. Dénommé dans un premier temps square Parmentier en l’honneur de l’introducteur de la pomme de terre en France, il prend après la 2e guerre mondiale, le nom de Maurice Gardette, ancien conseiller municipal du quartier, membre du parti communiste, résistant et fusillé en 1941. Une statue de bronze « Le Botteleur » est érigée dans le square, représentant un paysan liant des bottes de foin, œuvre de Jacques Perrin datant de 1891. Il est aussi doté d’un kiosque à musique érigé en1899.

Statue du Botteleur
Après avoir traversé la rue Lacharrière et le boulevard Voltaire, la fatigue se fait sentir, nous arrêtons notre promenade à l’église Saint Ambroise. Elle est construite entre 1863 et 1869 par Théodore Ballu sur l’emplacement d’une ancienne église bâtie en 1791.
A l’intérieur, quatre grandes toiles marouflées du peintre Jules-Eugène Lenepveu y sont accrochées et illustrent les différents épisodes de la vie de Saint Ambroise et de Saint Augustin.

Après cette promenade, certaines vont se désaltérer au café, d’autres rentrent chez elles.
Texte : Denise – Photos : Christiane & Denise

