Nous nous retrouvons le 12 mai sur le quai de la gare Montparnasse, en direction de Quimper.
A l’arrivée, deux vans nous attendent pour nous amener à Benodet, charmante station balnéaire vantée comme la riviera bretonne.
Notre hôtel paraît accueillant mais nous ne pourrons en attester qu’au retour de la randonnée
prévue, sans perdre de temps, en début d’après-midi. Dominique et Christiane ont déjà repéré la piscine.

Déborah notre jeune accompagnatrice nous guide le long l’Odet jusqu’au pont de Cornouaille qui nous permettra de l’enjamber.

Jusqu’en 1972, seul le bac permettait de relier Benodet au petit port de Sainte-Marine.
Depuis le pont, la vue est grandiose. Ça valait la peine de monter !

Nous poussons jusqu’au bois de Roscouré en admirant tout au long de notre parcours les massifs de rhododendrons, immenses.

Bientôt 17h, il est temps de rentrer…

Dans le salon de l’hôtel au décor d’inspiration coloniale, un apéritif de bienvenue nous est offert
par Valérie, la flamboyante maîtresse des lieux qui nous annonce pour notre premier dîner, des
crêpes « maison » et une cuisine familiale faite de produits frais et locaux pour la suite de notre
séjour.

Après le dîner à l’hôtel, nous ressortons voir le coucher de soleil sur la plage de Bénodet déserte.
Le lendemain mardi 13, c’est la boucle des corniches. Notre itinéraire débute sur un sentier
longeant l’embouchure de l’Odet et le port de plaisance, au loin, le pont de Cornouaille…

Au passage, nous visitons l’église de Bénodet dédiée à (Saint) Thomas Becket, archevêque de
Cantorbéry (Canterbury) assassiné dans sa cathédrale par les partisans du roi Henri II d’Angleterre.

Nous rejoignons ensuite la corniche sur laquelle se trouvent les phares de la Pyramide et du Coq. De là, nous pouvons voir la Villa Ker Magdalen, appelée aussi « Le Minaret » dont l’architecte avait séjourné au Maroc.

Nous longeons la belle et longue plage du Trez avec ses cabines de bain en cours de restauration qui offre une vue magnifique sur la pointe de Combrit – Sainte-Marine et le large.

Puis nous arrivons à la mer Blanche qui s’étend entre la pointe de Mousterlin et Bénodet.

A marée basse, la lagune laisse apparaître un fond sableux blanc. A marée haute, le sable laisse
place à une petite mer intérieure.

Adossés à un muret nous posons nos sacs pour pique-niquer en profitant de la vue et d’un bain de pieds !
Nous reprenons notre route pour le marais de Mousterlin bien tourbeux, dans lequel nos
chaussures s’enfoncent…. Quelques chaumières jalonnent notre parcours.

Petite halte au pied de la chapelle Saint-Sébastien au cœur d’un petit hameau entouré de maisons et d’un ruisseau. L’édifice de style roman datant du 15e siècle est proche d’un moulin, d’une fontaine et d’une motte féodale.

Nous terminons notre journée avec 20 kilomètres dans les jambes mais c’est promis, le lendemain, Deborah réduira le nombre de kilomètres…..
Mercredi 14, nous mettons le cap vers l’île Tudy suivant le sentier de Pouldiguy en passant par
Sainte Marine, située sur la rive droite de l’embouchure de l’Odet, face à Bénodet.

L’imposante ancre marine de Kergrand récupérée par un chalut en 2004 proviendrait d’un navire de guerre du 18e siècle.

Non loin, se dresse le phare de Sainte Marine dont la tour carrée est surmontée d’une lanterne en métal rouge. La maison du gardien est accolée au phare devenu habitation.

En chemin nous passons à côté du Fort de Sainte-Marine construit en 1862 sous Napoléon III,
entouré de fossés. Une passerelle en bois remplace l’ancien pont-levis.
A l’arrivée sur la plage, nous apercevons tout au bout l’ile Tudy, il est temps de reprendre des
forces et le pique-nique avec vue sur la mer est le bienvenu !

Au bout de la plage, un point incontournable : l’église de Saint-Tudy en granit, caractéristique de
l’art roman, éclairée par de magnifiques vitraux contemporains.

A la pointe de Combrit, la tourelle de la Perdrix, ancien phare, peinte en damiers noirs et blancs
domine l’entrée des ports de Loctudy et de l’Île Tudy.

L’ancienne conserverie de sardines est à présent occupée par le Centre nautique.

Maintenant que nous sommes à l’extrémité de l’île Tudy, nous mesurons la distance qu’il nous
reste à parcourir pour regagner nos pénates.
Déborah nous affirme que nous n’avons parcouru qu’un peu plus de 7 km mais nos podomètres affichent plutôt 12km ! et nos jambes en ressentent davantage, mais après tout il fait chaud et ce n’est peut-être qu’une impression…..

Courageusement, après une pause, nous reprenons la marche mais hélas les raccourcis, aléatoires, ne font que rallonger notre parcours ! Un menhir bloque le chemin, à droite le marais… il faut faire demi-tour.

Arrivées au port de Sainte Marine, nous optons pour le bac qui nous assure le chemin le plus court pour retrouver notre « port d’attache » après avoir marché 23 km.

Pour prolonger cette journée bien remplie, une soirée avec le chanteur Steve Hervé nous est
proposée …

Jeudi Jeudi 15, après une bonne nuit, nous prenons le chemin du Château « Les Garennes » à Clohars-Fouesnant, ancienne demeure de famille transformée en un superbe hôtel.

Niché dans un magnifique parc sur les rives de l’Odet, le château, bâti au XIXe siècle est une
imposante bâtisse en pierre de taille. Avec sa vue imprenable sur le port de Bénodet, l’hôtel a tout pour plaire : équipements haut de gamme, décoration raffinée avec un mélange de boiseries historiques, de pierres et de poutres apparentes.

Le spa offre la garantie d’une parenthèse enchantée dans les anciennes écuries.

Mais ne rêvons pas ! Nous ne sommes pas là pour mener la vie de château.

Nous retrouvons notre mental de randonneur et admirons le paysage boisé au sein duquel se
niche une belle maison bleue qui, sans rivaliser avec le château, semble un havre très agréable.

Nous parvenons au port de Bénodet afin d’embarquer pour les îles des Glénan.

En attendant le bateau de 14 heures, nous pique-niquons sur le port.

Après une traversée calme, nous faisons escale… non pas aux Seychelles mais bel et bien en
Bretagne ! Eaux turquoise et transparentes, plages de sable blanc sous un ciel bleu nous
attendent…

Le groupe en pleine montée
Pour la petite histoire, le fameux narcisse des Glénan est en voie de disparition à cause de nos amis à grandes oreilles. En effet les lapins en sont friands.

Nous nous « recueillons » devant la croix du géant sous laquelle, selon la légende, repose un fémur d’un lointain ancêtre de très haute taille, estimée à plus de 2 mètres !

Sur le bateau de retour, l’air est très frais, pas besoin de boissons rafraîchissantes ! Le Dauphin
Wendy nous suit jusque dans le port de Bénodet, il joue avec l’écume du sillage pour le plus grand plaisir des passagers.
Vendredi 16, fini les longues marches, nous prenons le bac pour traverser l’Odet jusqu’à Ste Marine et nous pénétrons dans la chapelle sainte Marine par la porte encadrée de poissons.

La chapelle est dotée de magnifiques éléments décoratifs : les sablières, poutres sculptées de
dragons.

Des frises sculptées, des ex-voto marins, des maquettes de bateaux suspendus à la voûte peinte en bleu témoignent du lien fort entre la chapelle et l’univers marin. Une statue de Sainte-Barbe, patronne des artificiers et des canonniers de Marine, trône également à l’intérieur de la chapelle. Des vitraux contemporains l’éclairent.

Nous nous dirigeons ensuite vers le musée de l’Abri du Marin, qui met en lumière l’action de
Jacques de Thézac. Au début du XXème siècle, la population bretonne est jeune mais son
espérance de vie est assez courte. Les conditions de vie sont rudes.

En 1899, ce philanthrope et photographe crée l’Almanach du Marin Breton, une publication
annuelle délivrant des informations médicales, des renseignements nautiques utiles, les horaires des marées, des conseils de navigation, l’apprentissage des phares et des feux, des données sur les évolutions techniques, etc.
Il crée des Abris du Marin, maisons ouvertes à tous les marins et plus particulièrement aux marins pêcheurs, pour leur offrir gratuitement des lieux de vie. Douze Abris ouvriront leurs portes, de Roscoff à Belle-Ile en Mer.
Maquette de navire de 74 canons sous Louis XIV – Graphomètre à pinnules, instrument de mesure angulaire pour tracé de cartes et topographie, inventé en 1597.
A l’étage, la salle de lecture et la bibliothèque nous plongent dans l’atmosphère authentique du lieu, réaménagé….
Salle et lits pour se reposer
Sur le mur, 2 moulages humoristiques incitent à la modération !

Nous quittons à regret Nolwenn qui nous a accueillies dans ce lieu et a su nous transmettre sa
passion pour l’histoire de ces hommes de la mer.
En effet, nous devons reprendre le bac pour revenir à l’hôtel et, après déjeuner, nous rendre à la
gare de Quimper, contentes de ce séjour qui nous a fait apprécier les rives de l’Odet qu’Emile Zola qualifiait de « plus belle rivière de France ».
Texte : Geneviève et Christiane – Photos : Christiane

