Au métro « CITÉ», derrière le Marché aux Fleurs, 15 personnes sont prêtes à arpenter les rues de notre PARIS historique, mais avant de commencer la promenade, un peu d’histoire : « Sur une île au milieu de la Seine, nos ancêtres les Gaulois, une peuplade celtique nommée les Parisii s’installèrent vers le milieu du IIIème siècle avant JC pour construire l’oppidum (agglomération fortifiée) de Lutèce. Grace au commerce fluvial les Parisii connaissent une remarquable prospérité économique et artistique. Lors de la conquête romaine et malgré la résistance des Gaulois, Labienus remporte la bataille de Lutèce au printemps 52 avant JC. Après la perte de son indépendance, comme toute la Gaule (toute ? non un village peuplé d’irréductibles gaulois résiste…) Lutèce devient gallo-romaine. La romanisation se fait en douceur. Rome laisse la culture gauloise s’épanouir tout en l’enrichissant…. A l’instar des autres villes gauloises, Lutèce sous l’occupation romaine connait un fort développement urbain. Les romains construisent une ville nouvelle sur la rive gauche de l’Ile de la Cité, sur les hauteurs. Lutèce se développe alors autour de la Butte Sainte Geneviève, vaste chantier de construction de quartiers d’habitation et de grands édifices publics romains : thermes, aqueducs, forum, temples, arènes et amphithéâtres. Les vestiges de cette urbanisation romaine sont rares, mais s’ils ne sont pas nombreux les sites gallo-romains parisiens sont spectaculaires et superbement restaurés ».
Nous quittons le Marché aux Fleurs pour nous arrêter à l’entrée de la crypte du parvis de Notre Dame. Située en face de la Préfecture de Police, au fond du parvis, la crypte dévoile des vestiges architecturaux.

Les fondations, les caves et les sous-sols qui jalonnent la crypte permettent de faire une véritable remontée au temps de la Lutèce Gallo-romaine jusqu’au Paris médiéval (ceux qui ont suivi la visite commentée du lieu le 30 janvier s’en souviennent !)
Ensuite nous nous dirigeons vers la Cathédrale et nous admirons le petit parvis en pierre de bourgogne. Ces pierres de Comblanchien d’environ 32 cm, claires et robustes, sont disposées en damier et en diagonale et rappellent celles de la nef qui sont 2 fois plus grandes.

Au passage nous saluons Charlemagne et nous traversons le Pont au Double. D’une longueur de 40 m de long sur 20 m de large, il est réalisé en 1881/1883 pour remplacer l’ancien pont effondré en 1709.
A l’origine le pont permettait de se rendre à l’hôtel Dieu, hôpital très fréquenté. Son nom de Pont au Double vient du péage dont le montant était un double tournoi. Le péage a été supprimé en 1789.
Après la traversée du Quai Montebello, nous nous dirigeons vers le jardin de St Julien le Pauvre.

Nous admirons le plus vieil arbre de Paris, un Robinier planté en 1601, la Fontaine moderne en bronze de Georges Jeanclos (1996) et l’arche d’un vieux puits du 12ème siècle.

En sortant, nous empruntons la rue Dante jusqu’au Boulevard St Germain, longeons les grilles du Musée de Cluny et en faisons le tour par le Boulevard St Michel, la rue du Sommerard et la Rue Painlevé.

L’entrée moderne, rue du Sommerard…

Arrêt devant l’ancienne porte des Thermes du Musée de Cluny fondé en 1843. Ce Musée abrite l’un des plus prestigieux monuments gallo-romains visibles à Paris. Les thermes du nord, dits de Cluny, mais également l’Hôtel des abbés de Cluny et ses superbes collections médiévales dont la fameuse Dame à la Licorne.

« Les thermes construits à la fin du IIème siècle sont dans un remarquable état de conservation. Le frigidarium, grande salle des bains froids, est quasiment intacte, ensuite le tepidarium, salle tiède et le caldarium, salle chauffée par le sol et les murs. Le visiteur pouvait ensuite se rafraîchir dans les jardins tout en assistant à un concert où à une conférence – Mens sana in corpore sano ! »

De l’autre côté de la rue Painlevé, face à la Porte du Musée, un petit square fleuri a été baptisé «Samuel Paty » en 2021.
Après avoir rejoint le Boulevard St Germain par la rue de Cluny nous entrons rue Saint Jacques puis rue des Ecoles d’où l’on aperçoit la Sorbonne, pour arriver devant le Collège de France.

Dans le square Michel Foucault, nous grimpons quelques marches jusqu’à l’entrée du Collège de France, puis nous reprenons notre chemin quand un curieux petit passage attire notre attention, surtout celle de Christiane !

Ensuite nous passons devant l’ancienne Ecole Polytechnique devenue Ministère de l’Education Nationale qui donne sur le jardin Paul Langevin.

Nous flânons dans ce jardin dont les arbres en fleurs annoncent l’arrivée du printemps à Paris.

Nous découvrons une mini mare investie par un couple de canards.

Nous sortons tout au bout sur la Rue Monge, que nous descendons en direction de Cardinal Lemoine, jusqu’à l’entrée des Arènes de Lutèce, passage situé sous un immeuble moderne.

Dès l’entrée, des tables et des bancs nous incitent à nous poser quelques instants.

La restauration du site évoque la foule des spectateurs dans les gradins, le feulement des fauves dans les cages dont on voit encore les grilles, les jeux du cirque, ceux de la comédie.

Construites au 1er siècle les arènes de Lutèce offraient aux 18000 spectateurs les cruels combats de gladiateurs et d’animaux, des pièces de théâtre, spectacles de mimes, d’acrobates et de danses.
Les vestiges furent découverts en 1869 par l’archéologue Vacquer. L’amphithéâtre a failli disparaitre sous les pioches des démolisseurs de la Compagnie des Omnibus qui voulait construire un dépôt. Un comité des Arènes fut créé, dont le Président d’honneur un certain Victor Hugo, envoya la lettre suivante au Président du Conseil municipal. »
Monsieur le Président,
Il n’est pas possible que Paris, la ville de l’avenir renonce à la preuve vivante qu’elle a été la ville du passé. Le passé amène l’avenir. Les arènes sont l’antique marque de la grande ville. Elles sont un monument unique. Le Conseil municipal qui les détruirait, se détruirait en quelque sorte de lui-même. Conservez les Arènes de Lutèce. Conservez-les à tout prix. Vous ferez une action utile et, ce qui vaut mieux, donnerez un grand exemple.
Je vous serre les mains.
Victor HUGO
Quelques jours plus tard, le Conseil municipal a fait l’acquisition du terrain sur lequel se trouvent les arènes. L’édifice est classé monument historique.

En sortant, nous remontons la Rue de Navarre jusqu’à la Place Monge où certains nous quittent quand les autres se retrouvent autour d’une boisson fraiche.
Texte : Jacqueline et Christiane
Photos : Christiane, Jacqueline et Dominique

