Nous sommes 19 à la sortie du métro 4 Septembre pour ce périple qui nous mènera du square Louvois à la place Maubert.

Plantée au centre du Square Louvois, une fontaine ornée de statues féminines personnifiant la Seine, la Loire, la Garonne et la Saône, donne un air charmant à cet endroit qui a connu bien des crimes avant de devenir un espace vert !
Nos guides, Annie et Françoise, nous racontent qu’il abritait un théâtre construit en 1792 avant la construction de l’opéra Garnier (qui a duré 15 ans à partir de 1861). Le 24 décembre 1800 Bonaparte y a échappé à l’attentat de Georges Cadoudal et sa «machine infernale », alors qu’il se rendait à l’opéra. Vingt ans après, c’est le Duc de Berry qui sera assassiné par Louvel d’un coup de couteau. Maudit, le théâtre fut rasé en 1830.
Nous entrons ensuite dans la galerie Vivienne, construite en 1823. L’endroit est magnifique et les vitrines attirent nos promeneurs.


Au numéro 13 de la galerie, subsiste un escalier de fer forgé du 17è siècle qu’un brigand célèbre a emprunté : François Vidocq. Habitué des prisons et des évasions, bagnard repenti, il y installera ses bureaux de Chef de la Sureté après avoir proposé ses services au chef de la police parisienne.

Aux alentours de la place des Victoires, nous repérons des petites rues aux noms évocateurs, comme la Rue Vide Gousset : on est prévenu ! Plus loin, la rue Hérold, c’est de là qu’est partie Charlotte Corday pour assassiner Marat dans son bain de souffre.
A l’entrée de la rue du Mail, nous découvrons une exposition de Décoration dans les rues. Un canapé nous tend les bras, des sphères transparentes présentent des modèles, la rue entière est pavoisée et plusieurs rues sont décorées d’abat-jour, il n’est plus question de crime !…



Rue Etienne Marcel, petit arrêt devant la « Tour Jean sans Peur », de forme rectangulaire, que le duc de Bourgogne a fait ériger au sein de son domaine, avec une chambre « hautement » sécurisée au sommet de la tour. Il fut pourtant assassiné, mais ailleurs, en 1419…

Arrivés à la Fontaine des Innocents, pause photo. Dans la Rue de la Ferronnerie, une plaque au sol marque le lieu où Henri IV a été assassiné par Ravaillac, caractérisée par les emblèmes du Roi de France et de Navarre.

Le nom de la rue de la Grande Truanderie annonce la couleur : située le long du rempart de Philippe Auguste, c’était une véritable cour des miracles où un nombre incalculable de délits étaient commis par des bandes organisées. Le pilori où les condamnés étaient exposés 2 heures par jour n’était pas dissuasif !
A proximité de l’église Saint Merry, le décor change : sculptures et mannequins bizarres…

Nous apercevons la Tour St Jacques au bout d’une rue, puis nous arrivons à l’Hôtel de Ville.

La place de Grève qui n’était qu’un lieu désert jusqu’au XIIème siècle, fut un point de rassemblement important, théâtre d’exécutions capitales jusqu’à la Révolution de Juillet. Du haut de son échafaud, tourné vers la Seine, le condamné pouvait voir le Palais de Justice et Notre Dame : piètre consolation !

Nous traversons la Seine par le pont d’Arcole. La rue éponyme qui s’appelait en 1387 rue des Marmousets, a connu deux vilains coquins, un barbier et un pâtissier. Le premier étripait certains clients, les faisait basculer chez le second qui en faisait des pâtés ! Un chien qui hurlait à la mort, pleurant son maître disparu, éveilla les soupçons, nos coquins finirent place de Grève…
Nous terminons la balade sur la place Maubert qui eut aussi son lot de souffrances : la potence, la roue et le bûcher y alternaient.
Mais nous éviterons tout cela autour de chocolats crémeux, dans la bonne humeur.
Texte : Christiane – Photos : Christiane et Jeannette

