GOUTER LITTERAIRE AU TRAIN BLEU – MARDI 13 JANVIER 2026

33 personnes se retrouvent dans l’enceinte de la gare de Lyon au pied de l’escalier à double révolution qui permet d’accéder au Train Bleu pour un goûter littéraire commenté par Géraldine, conférencière de l’agence L’Echappée Belle.

A 16h15, nous pénétrons dans ce lieu somptueux, une employée prend notre vestiaire et nous indique le milieu de la salle à manger où nous nous installons. Presque aussitôt un maitre d’hôtel nous sert un chocolat chaud, puis une pavlova aux fruits exotiques.

 

Géraldine nous explique alors la manière dont va se dérouler la conférence : elle passera successivement de table en table. Elle nous parlera en premier lieu de l’histoire de la gare puis de celle du restaurant Le train bleu.

LA GARE DE LYON

Un premier projet d’embarcadère situé au bord du bassin de l’Arsenal, près de la place de la Bastille, présenté en 1845 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon avait été refusé en raison des nuisances que la traversée des voies ferrées aurait pu causer au quartier. Un second projet prévoit de la construire sur des terrains peu bâtis à l’angle de la rue de Bercy et du boulevard Mazas (actuel boulevard Diderot), en face de la prison Mazas en construction. Géraldine, à l’aide de sa tablette, nous montre les croquis de la future gare et de la prison.

A propos de la prison, elle nous raconte une anecdote : « Mazas » est connu notamment pour avoir été le lieu de détention provisoire d’Arthur Rimbaud, arrêté à la gare du Nord pour ne pas avoir payé son billet, elle nous lit une lettre à son professeur et ami, Georges Izambard : « Arrêté en descendant du wagon pour n’avoir pas un sou et devoir treize francs de chemin de fer, je fus conduit à la préfecture, et, aujourd’hui, j’attends mon jugement à Mazas ! ».

Le ministre des Travaux Publics accepte ce second projet, par décision du 2 février 1847, à condition qu’il prévoit l’ouverture d’une rue reliant la gare à la place de la Bastille, mais cela ne sera jamais réalisé.

L’Exposition Universelle de 1900 fut accompagnée d’un grand effort d’urbanisme de la ville de Paris qui a laissé des réalisations prestigieuses : le Grand Palais, le Petit Palais, le Pont Alexandre III, la Gare de Lyon et le restaurant Le Train Bleu.

L’État fait appel à l’architecte Marius Toudoire qui conçoit une façade ornée de sculptures et une tour-beffroi, haute de 67 mètres avec une horloge à quatre faces.

La gare est une « cathédrale » moderne, construite en pierre, en fer et en fonte, bien éclairée pour démontrer les bienfaits de l’électricité et de la mécanique et asseoir la réputation de la Compagnie PLM (Paris-Lyon-Marseille)..

Dans la gare, en haut des colonnes, figurent les blasons des villes desservies. Dans la salle des guichets, la grande fresque (des toiles marouflées en réalité) de Jean-Baptiste Olive, peintre provençal, s’étale sur une centaine de mètres parallèlement aux voies à lettres, montrant les principales destinations accessibles en train à partir de la gare jusqu’à la Côte d’Azur et la ville de Menton.

Les voyageurs de 1900 découvriront aussi la première ligne du métro parisien, créée par Fulgence Bienvenüe, qui dessert la gare.

Toujours à l’aide de la tablette, elle nous montre quelques-unes des sculptures de la façade (actuellement en restauration) et de la tour, celles qui symbolisent le triomphe de l’industrie et du commerce : l’électricité (Paul Gasq) et la mécanique (Louis Baralis)

 

Electricité                                                                                                                                                      Mécanique                                         

 

Détail du balcon du bureau du directeur de la gare  dans la tour (la Sirène de Félix Charpentier) 

LE TRAIN BLEU

Le buffet de la gare de Lyon, simple lieu de transit du voyageur entre deux trains, bénéficiera de cet embellissement et sera inauguré en 1901 par le Président de la  République, Emile Loubet

Le Train Bleu est un endroit monumental et admirable. Il offre le confort, la modernité, de nombreux salons avec moulures et corniches en staff doré, des plafonds abondamment décorés de toiles peintes et marouflées évoquant les paysages et les villes traversés par le train. Les comptoirs coloniaux sont bien présents ainsi que les célébrités de l’époque.

Géraldine propose de nous décrire certains plafonds représentant des scènes régionales.

Tout d’abord, elle nous demande de lever la tête pour voir la fresque au-dessus de nous, la bataille de fleurs à Nice (Henri Gervex). On y voit la comédienne Réjane lancer des fleurs.

Puis, nous nous contorsionnons pour regarder les peintures des Alpes et du Mont Blanc (Eugène Burnand & Max Lennhardt)

Autre province représentée, les vendanges en Bourgogne (Albert Maignan).

Et enfin, elle nous invite, lors de nos déplacements, à regarder la fresque représentant le théâtre d’Orange (Albert Maignan).

On peut y admirer entre autres, Sarah Bernhardt (prenant appui sur le muret), Réjane, Julia Bartet, illustres comédiennes, le chanteur lyrique Jean Bartet et l’écrivain Edmond Rostand représentant le tout Paris de la Belle Epoque.

Pour résumer, toutes ces œuvres représentent les grandes étapes parcourues par la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) et les événements de 1900, signées par des peintres de renom.

Le buffet de la gare de Lyon sera rebaptisé Train Bleu, en 1963, en l’honneur du mythique Paris-Vintimille de couleur bleue, et en 1972, classé monument historique par André Malraux, ministre de la Culture.

Les lourdes tentures, le mobilier en acajou, les banquettes capitonnées, les luminaires et les cuivres confèrent à l’endroit un charme confortable et luxueux.

Géraldine termine la conférence de la dernière table. Nous avons un sentiment de frustration car avec cette succession de mini-conférences, il n’y a pas eu de dynamique de groupe, pas d’échanges, pas de partages d’idées…

Cependant, nous quittons le Train Bleu, enchantés par tant de beauté et la délicatesse du goûter.

 

Texte : Danielle – Photos : Christiane, Jeannette, Jocelyne