Marche Printanière – De Châtelet à Hôtel de Ville via Arts et Métiers – Jeudi 19 Mars 2026

Devant le Théâtre de la Ville il fait frais à l’ombre et, en attendant les égarées dans les couloirs du métro
Châtelet, nous décidons d’aller au soleil dans le jardin qui entoure la Tour Saint Jacques.
Là nous prenons le temps d’évoquer l’histoire du théâtre dès l’arrivée de la 21ème personne !
Au début du 12ème siècle, c’est d’abord une forteresse. Détruite en 1802, elle est remplacée par 2 théâtres en 1860. Le théâtre du Châtelet et le Théâtre Lyrique. Après des incendies successifs le théâtre de la Ville devient Théâtre historique en 1875, puis Théâtre de Paris. En 1887 il accueille l’Opéra-Comique lui aussi incendié. En 1889, Sarah Bernard s’y installe, le rénove et le dirige pendant 24 ans jusqu’à son décès en 1923. En 1936, il devient Théâtre du Peuple, puis Théâtre de la Cité (nom donné par les allemands pendant l’occupation). En 1966, la ville le réaménage (1000 fauteuils), naissance du Théâtre municipal sous le nom de Théâtre de la Ville. Jean Mercure en fera un lieu phare de la danse contemporaine.

 

Dans le square, la Tour Saint Jacques érigée en gothique flamboyant au XVIème siècle se dresse, blanche,
entourée de verdure. Nous évoquons Blaise Pascal qui y a fait ses études sur la pression atmosphérique,
Gérard de Nerval, le poète dont la stèle trône dans l’allée Weslaw Nijinsky, allée baptisée en l’honneur du
danseur des ballets russes au Théâtre du Châtelet de1910 à 1920.
Nous prenons la rue Nicolas Flamel, traversons la rue Pernelle (épouse de Nicolas). Occasion de parler de
l’alchimiste dont nous verrons l’auberge, rue de Montmorency. Puis nous marchons jusqu’à l’Eglise Saint
Merri, dont le nom serait la contraction de Mederic, abbé mort en 700 et dont les restes reposent dans la
crypte. Sa façade est couverte de dais, d’arcatures, de baldaquins et de frises de feuillages et animaux …


Construite de 1500 à 1565 en style gothique flamboyant, sa ressemblance avec la cathédrale la fit nommer « ND la Petite ». En 1612, le clocher est surélevé d’un étage. Fermée en 1793, elle devient une fabrique de salpêtre jusqu’en 1801 et est rendue au culte en 1803. En 2013, les décors sont menacés et elle est classée monument en péril.

  Le Christ aux outrages de Pierre Grauw
En sortant, nous passons devant le poing levé de Christian Delecluse puis prenons la Rue Brisemiche
où nous admirons la place Igor Stravinsky et la fontaine, datant de 1981, qui longe la rue.


Nous rejoignons la rue Quincampoix, où se trouvait l’Hôtel de Beaufort (au 65). Quartier où sévissait un
financier nommé Law, qui a tenté d’imposer les premiers billets : un bossu lui prêtait sa bosse pour faire
signer les agioteurs.

 
Puis, c’est la Rue aux Ours qui n’a rien à voir avec le mammifère plantigrade mais avec les oies (ours en
vieux français) qu’on y faisait rôtir.
Nous passons rue de Montmorency, où nous nous arrêtons au 51, devant l’auberge de Nicolas Flamel tenue par son épouse Pernelle. Bâtie en 1407 elle est la plus ancienne de Paris. Alchimiste, à la recherche de la pierre philosophale, Nicolas Flamel offrait le gite et le couvert aux miséreux à condition qu’ils prient pour les âmes des morts.


Nous remontons la rue Beaubourg jusqu’à « Arts et Métiers ». Situé dans l’ancienne abbaye de Saint Martin
des Champs, ce musée technique unique en Europe présente plus de 2 500 inventions retraçant l’évolution
des techniques depuis le Moyen Age. Dans la cour, le cheval mécanique des JO 2024, nommé Zeus, brille au soleil. A 12h12 il se met en mouvement et nous l’admirons jusqu’au bout de la séquence !


Rue de Turbigo, nous traversons pour mieux voir, au 57, une statue d’ange monumentale, s’étirant sur 3
étages. Ce géant énigmatique fascine et intrigue des générations de passants, écrivains où cinéastes. Son
identité est toujours inconnue.
Arrêt au n° 60, pour déjeuner à la Brasserie L’Adresse où une petite salle nous est réservée et où nous
retrouvons deux amies pour le temps du repas.

 
En sortant du restaurant, une cinéaste s’exerce au maniement d’une caméra qui pèse bien 20 kg. Le patron
de la boutique d’en face nous explique qu’il a lui-même contribué à de nombreux films et entraîne son
amie. Il est aussi un bricoleur qui crée, en recyclage, des balayettes à WC très originales, pour golfeur,
tennisman, en parapluie, etc.
Au 3 de la Rue Volta se trouve la plus ancienne maison de Paris datée du XIIIème siècle. A pans de bois, elle
illustre le Paris médiéval : 4 étages avec poutres apparentes, boutiques en pierres au rez de chaussée, pas
de cave, elle daterait de 1644, construite « à l’ancienne » pour satisfaire le goût d’un riche bourgeois de
l’époque.


Nous découvrons aussi que le quartier abrite la première communauté chinoise de Paris, depuis 1920.
Originaire de la ville de Wenzhou, au sud-est de la Chine, les ouvriers venaient à Paris travailler dans les
usines automobiles Delahaye.
Les noms des rues de ce quartier sont évocateurs : rue au Maire, puis rue des Vertus, rue du Temple et rue
Portefoin… Nous remontons la rue Perrée pour voir un immeuble datant de 1908 dont la façade présente
une sculpture monumentale composée de 3 parties distinctes. Au sommet « L’aurore » une jeune femme
entourée de rais de lumière émergeant d’une voile gonflée par le vent. En bas apparait le Crépuscule sous
les traits d’une femme qui rabat cette même voile pour faire venir la nuit. Entre les deux un cadran solaire
émerge d’une mer de nuages. Pour finir, un oiseau déploie ses ailes à la base comme pour souligner
l’ensemble.


Dans cette rue nous remarquons aussi un superbe commissariat de Police, installé dans l’ancien « Hôtel de
la Garantie du titre des métaux précieux ». Mais interdit d’entrer !

Plus loin, c’est le « Carreau du Temple » rénové, il est occupé par une exposition, mais aujourd’hui on n’entre que sur invitation…


Alors que nous revenons par la rue des Archives, des clous sur la chaussée brillent devant la Mairie du 3è :
ils délimitent le donjon de la tour où Louis XVI et sa famille ont été emprisonnés au retour de Varennes.
Nous continuons rue Beaubourg jusqu’à Rambuteau où quelques personnes nous quittent (1er métro).
Celles qui restent décident de profiter d’une terrasse pour prendre un pot.


Après cela, nous continuons jusqu’à Hôtel de Ville par la rue du Renard où nous découvrons
l’ancien Théâtre du Renard qui accueille aujourd’hui, dans un décor de music-hall des années 20 signé
Franklin Azzi Archi, des événements d’entreprise.


Son unique salle, d’une superficie de 250 m², peut accueillir jusqu’à 350 personnes debout, (avec traiteur
obligatoire).
Nous terminons la balade à Hôtel De Ville et les 3 dernières se quittent plus loin, devant Notre Dame, chacune dans une direction différente…
Texte et Photos : Christiane