A la suite de trois désistements, un groupe de vingt adhérents embarquent dans le TGV en direction de Toulouse, quatrième ville de France après Paris, Marseille et Lyon avec plus de
500 000 habitants.
A la gare de Toulouse Matabiau, nous retrouvons Marie-Thérèse, arrivée quelques heures auparavant.

Nous nous dirigeons vers l’hôtel situé rue Claire Paulhiac et après avoir déposé nos bagages, nous y prenons notre premier repas.
Mardi 21 avril 2026
LE PETIT TRAIN TOURISTIQUE DE TOULOUSE


La journée débute avec la découverte de la place du Capitole.
C’est à cet endroit que nous avons rendez-vous pour effectuer un tour de la ville à bord du
« Petit Train Touristique de Toulouse ».
Après quelques minutes d’attente, nous partons à la découverte des sites qui font la renommée de Toulouse. Un circuit commenté nous permet de situer les principaux monuments du centre historique que nous visiterons ultérieurement avec notre guide Elena : le Capitole, la basilique Saint Sernin, les bords de la Garonne, la place de la Daurade, l’hôtel d’Assézat, les quartiers Croix-Baragnon, Saint-Georges et le musée des Augustins.
Depuis la place du Capitole, nous empruntons la rue du Taur en direction de la basilique Saint-Sernin. Le Taur est la traduction de taureau en occitan et rappelle le martyr du premier évêque Saturnin qui a été attaché à un taureau et traîné dans la ville jusqu’à cette rue où il aurait succombé devant l’église Notre- Dame-du-Taur.

Ses reliques sont conservées aujourd’hui dans la basilique Saint-Sernin.
Nous apprenons que la gare Matabiau doit son nom à l’occitan qui veut dire « tuer le bœuf ».
La Basilique Saint-Sernin se dresse devant nous avec son clocher qui culmine à 67 m.
Derrière elle, se niche la place du Peyrou qui abrite quelques commerces, le célèbre « café des Facultés » qui attire la clientèle estudiantine des universités voisines. Avec plus de 120 000 étudiants, Toulouse s’impose comme une métropole incontournable pour la jeunesse.
Passage devant le canal de Brienne qui relie la Garonne au Canal du Midi et l’écluse Saint-Pierre, point clé du canal, qui permet de gérer la différence de niveau d’eau entre fleuve et canal.
Direction vers la place Saint-Pierre au bord de la Garonne qui prend sa source au cœur des Pyrénées.
Puis le port de la Daurade, ancien petit port fluvial devenu un lieu de promenade et de détente.
À côté, l’École des beaux-arts de Toulouse présente une monumentale façade ornée des allégories de la sculpture, l’architecture, la peinture et la gravure.
Nous dépassons la place d’Assézat où nous reviendrons dans l’après-midi pour découvrir l’hôtel particulier et la collection de la fondation Bemberg.
L’hôtel de la rue des marchands, dit immeuble aux cariatides, élevé à la fin des années 1830, passe inaperçu pour certains d’entre nous mais nous aurons un peu plus tard, le loisir d’observer la façade lors d’une déambulation.

Au centre de la place de la Trinité, une fontaine représente les Trois Grâces.
Rue Croix-Baragnon, nous passons devant une maison médiévale construite en brique et pierre, un des plus anciens bâtiments civils de Toulouse.
Place Saint-Etienne se dresse la cathédrale de l’archevêque de Toulouse que nous visiterons plus tard.
La Place Saint-Georges est une des places les plus agréables et animées de Toulouse mais elle reste dans les mémoires pour avoir été le lieu de l’exécution de Jean Calas en 1762. Accusé sans preuve d’avoir tué son fils pour empêcher sa conversion au catholicisme, il est condamné à mort. Voltaire dénoncera cette injustice et mènera une campagne pour prouver son innocence. Le procès sera révisé et Jean Calas réhabilité.
Nous laissons la place Wilson pour retourner vers la place du Capitole par la rue Rémusat. Charles de Rémusat, philosophe et homme politique épousa en secondes noces la petite fille de Lafayette.
Après ce parcours toulousain, nous nous dirigeons vers la brasserie des Beaux-Arts où nous déjeunerons. Nous sommes en avance et décidons de nous promener du Pont Neuf à Notre Dame de la Daurade.
Aucune daurade n’a jamais été pêchée dans la Garonne, le mot daurade vient de « dorée » et fait référence à une ancienne église autrefois recouverte de mosaïques dorées. L’actuelle Basilique Notre-Dame de la Daurade héberge la statue d’une vierge noire, protectrice de Toulouse mais également des femmes enceintes et des jeunes mamans. Icône de mode, elle possède une garde-robe réalisée par de nombreux couturiers dont Jean-Charles de Castelbajac.
Nous prenons, cette fois, le temps d’admirer l’architecture de l’École des beaux-arts.





Deux convives habitant Montauban et amis de Ninou et Gilbert se joignent à nous. Le restaurant avait édité un menu au logo de l’AMICAF.

Elena, notre conférencière vient nous rechercher à la Brasserie pour nous conduire dans le parcours des plus grands monuments de Toulouse.
L’HOTEL DE BERNUY ou PIERRE DE FERMAT




L’hôtel de Bernuy construit pour Jean de Bernuy témoigne de l’âge d’or du commerce du pastel à Toulouse au XVIe siècle.
Bâti en deux phases, l’hôtel est un mélange de style gothique et renaissance que l’on remarque avec les deux cours intérieures.
La première cour gothique en brique arbore sa tour d’escalier, véritable « tour d’orgueil » (26,5 mètres).
La deuxième cour Renaissance en pierre très décorée qui constitue la cour d’honneur comporte une galerie avec une voûte à caissons.
Aujourd’hui, l’hôtel héberge le collège et le lycée Pierre de Fermat.
L’origine de la construction de l’hôtel de Bernuy comme d’autres à Toulouse est liée à la fortune des marchands acquise avec l’exportation du pastel vers toute l’Europe. L’Isatis tinctoria, est une plante plus connue sous le nom de pastel des teinturiers dans le sud-ouest ou guède dans le nord et le centre de la France.
Elle était cultivée pour produire une teinture bleue très recherchée en Europe avant l’arrivée de l’indigo. Les feuilles récoltées étaient broyées, transformées en boules appelées « cocagnes », mises à fermenter et ensuite réduites en poudre pour produire la teinture.
EGLISE DU COUVENT DES JACOBINS


Le couvent des Jacobins fondé au XIIIe siècle par l’ordre des Dominicains est de style gothique occitan construit en briques roses.
En France, les Dominicains sont surnommés les Jacobins en référence à leur premier couvent situé rue Saint-Jacques.
Leur mission principale consistant à prêcher, enseigner et lutter contre les hérésies, l’église du couvent est conçue pour la prédication et les grandes assemblées religieuses. Son intérieur reflète une architecture simple, austère sans les décorations liées au gothique avec une nef unique sans transept. La particularité architecturale est le « palmier des Jacobins » constitué d’une colonne centrale en haut de laquelle se déploient 22 nervures comme des branches afin de soutenir la voûte.
Cette église abrite les reliques de Saint-Thomas d’Aquin, grand théologien de cette époque, exposées sous l’autel.
LE CAPITOLE

Le Capitole, monument emblématique de la ville de Toulouse, abrite à la fois l’hôtel de ville et le théâtre opéra.
Sa construction remonte en 1190 à l’initiative des gouvernants de la ville : les Capitouls. Ceux-ci désirant montrer la puissance et la richesse de la ville, agrandissent le bâtiment à partir du XVIe siècle et la grande façade rose néoclassique actuelle réalisée par l’architecte Guillaume Dumas fut achevée au XVIIIe siècle. Les huit colonnes de la façade représentent les huit capitouls qui gouvernaient la ville.


Nous pénétrons dans la cour Henri IV, une des parties la plus ancienne du bâtiment.
Construite par l’architecte Pierre Souffron dans un style Renaissance, elle est entourée de galeries mêlant en alternance des briques roses avec la pierre blanche et au fond se dresse un portail Renaissance de Nicolas Bachelier. Au-dessus de celui-ci, la statue en marbre polychrome du roi Henri IV en armure, coiffé d’une couronne de laurier, rappelle le soutien de celui-ci aux Capitouls contre le parlement de Toulouse qui refusait de financer des travaux d’embellissement du Capitole.
Au sol, une plaque mentionne l’exécution en 1632 du duc Henri II de Montmorency qui choisit de soutenir la rébellion contre Richelieu et la centralisation du pouvoir royal.

Nous gravissons le grand escalier, bâti en 1886 et décoré par Jean-Paul Laurens assisté de ses fils. Une grande toile représente la première cérémonie des Jeux Floraux.
Les Jeux Floraux sont considérés comme l’un des plus anciens concours de poésie en Europe. Créés au XIVe siècle, ils récompensent les meilleurs poèmes en occitan et Clémence Isaure est devenue la protectrice de cette tradition littéraire. Aucun document ne prouve son existence mais elle reste une personnalité symbolique très célèbre à Toulouse. Plusieurs œuvres la représentent dans les salles du Capitole et aujourd’hui l’Académie des Jeux Floraux continue d’organiser des concours littéraires.

La salle Gervais doit son nom au peintre Paul Gervais qui la décora avec des allégories des différents âges de l’Amour (l’amour à 20 ans, à 40 ans et à 60 ans).
D’autres peintures représentent des nymphes aux formes opulentes et des baigneuses voluptueuses. Peu conventionnel pour une ancienne salle des mariages.


La salle Henri-Martin rend hommage au peintre du même nom né à Toulouse à travers deux fresques monumentales composées de 13 tableaux.
L’une représente des scènes du quotidien sur les berges de la Garonne en opposition à celles de la campagne traitant des travaux agricoles.
La seconde dépeint le temps qui passe au fil des quatre saisons et des différents âges de la vie.

La salle des Illustres est la plus grande et majestueuse des salles d’apparat du Capitole richement décorée de peintures, sculptures, dorures et marbre.
Réalisée par les architectes Paul Pujol et Pierre Esquié à la fin du XIXe siècle la galerie longue de 60 mètres sur 9 mètres de large est classée monument historique depuis 1994.
Une vingtaine d’artistes toulousains peintres et sculpteurs ont déployé leur talent pour raconter sur les murs et la voûte les grands épisodes de l’histoire de Toulouse et rendre hommage aux personnalités de la ville.
Aujourd’hui, elle sert de salle des mariages et de réceptions officielles. C’est également au balcon de cette salle, que les joueurs du Stade toulousain ont présenté le Bouclier de Brennus devant une foule en rouge et noir, les couleurs du club.
Nous terminons la visite par la salle du Conseil municipal rénovée récemment et enrichie par de nombreuses peintures et sculptures…

HOTEL D’ASSEZAT – FONDATION BEMBERG

L’hôtel d’Assézat construit au XVIe siècle pour le riche marchand de pastel Pierre d’Assézat est l’un des plus beaux hôtels particuliers Renaissance à Toulouse, conçu par Nicolas Bachelier.
La cour d’honneur est célèbre pour ses façades mêlant brique rouge toulousaine et pierre sculptée ainsi que pour ses colonnes antiques à chapiteaux successivement : doriques, ioniques et corinthiens.
La « Tour d’orgueil » visible de loin dans Toulouse, symbolise la puissance et la richesse de Pierre Assézat.
Notre guide Olivier nous invite à gravir l’escalier monumental en pierre qui mène aux étages supérieurs où se trouvent les salles d’exposition après avoir retracé la vie de Georges Bemberg.
Georges Bemberg (1915-2011) est né à Buenos Aires dans une famille d’origine allemande installée en Argentine. Amateur d’art et mécène, c’est avec une gouache de Pissarro qu’il débute sa collection qu’il ne cessera d’enrichir au fil du temps.
Sans héritier direct, Georges Bemberg, entreprend de créer une fondation à son nom afin de présenter sa collection au public. Il porte son choix sur l’hôtel d’Assézat et après un accord avec la ville de Toulouse, des travaux d’aménagement sont entrepris.
Le musée de la Fondation Bemberg ouvre ses portes en 1995.
La Fondation Bemberg présente une collection de 700 oeuvres qui couvrent cinq siècles d’histoire de l’art européen de la Renaissance au XXe siècle.
Nous parcourons les différentes salles en commençant par les peintures de la Renaissance italienne : Titien, Véronèse, Tintoret.
Le fauconnier de Véronèse
Les arts en Europe des 16e et 17e siècles : Nicolas Tournier appartient au groupe des caravagesques français
Les fruits de l’automne et les fruits de l’été.de Tournier
Les arts en Europe des 17e et 18e siècles : Nicolas Lancret
Fête galante représentant une dame dansant avec Pulcinella.

Elisabeth Vigée Le Brun : portrait de la comtesse Kagenek en Flore
Les arts en Europe 15e et 17e siècles : Lucas Cranach
Les amants mal assortis ou le vieil homme amoureux.
Venise au 18e siècle : Canaletto, Guardi.

Canaletto : le Pont du Rialto Guardi : vue de San Giorgio Maggiore de Venise
Les impressionnistes : Pissarro, Monet

Pissarro : Dulwich Collège Monet : le printemps
Une importante collection de Pierre Bonnard

Femme au tub Autoportrait sur fond blanc
Sont également exposés du mobilier ancien, des sculptures, des objets d’art.
Une armoire à folios du 18e siècle de Bernard Van Riesen Burgh.
Des bronzes de l’école italienne, des bronzes français et hollandais des 17e et 18e siècles.
Des assiettes de vaisselle de réception et d’apparat en faïence ou céramique émaillée.

Après cette journée enrichissante, nous nous dirigeons vers le restaurant « Aux pieds sous la table » pour déguster une cuisine bistronomique faite maison.


Mercredi 22 avril 2026
SUR LES PAS DE NOUGARO
Aujourd’hui rendez-vous place Arnaud Bernard et dès le matin nous sommes confrontés à de drôles de résidus de couleur marron- jaune que l’on retrouve partout sur les trottoirs, aux pieds des platanes, dans l’air, dans nos cheveux, volatils, ils sont particulièrement irritants. Certains sont même contraints d’acheter des masques.

Elena nous entraîne sur les pas de Claude Nougaro (1929-2004) poète et chanteur dont la maison natale signalée par une plaque commémorative se situe au 56 boulevard d’Arcole.

Fils d’artistes, mère pianiste et père chanteur d’opéra, souvent en tournées, il est élevé par ses grands-parents. Il grandit ensuite avec eux dans le quartier des Minimes où il connaît ses premières « castagnes », du fait de son goût pour la bagarre, il se comparera à un taureau.
Parallèlement à ses talents de musicien, Claude Nougaro possédait un réel talent de peintre. Il vouait une grande admiration à Picasso, il donna d’ailleurs le prénom de Pablo à son fils. Sur sa tablette, Elena nous montre des dessins de celui-ci.

Elena illustre également ses commentaires avec des textes de Claude Nougaro.
« Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin. Parfois au fond de moi se ranime. L’eau verte du canal du midi. Et la brique rouge des Minimes, Ô mon Pais, ô Toulouse, ô Toulouse » …
Il devient journaliste et écrit des chansons pour d’autres artistes avant de se décider à chanter ses poèmes. Pour cet autodidacte, le succès arrivera dans les années soixante avec « Une petite fille » et « Cécile ma fille ».
Sa carrière sera ponctuée de nombreuses collaborations et de voyages en Afrique, au Brésil et aux Etats-Unis, il mélange poésie et musique influencée par le jazz.

A partir des années 80, il reviendra régulièrement à Toulouse et s’installera accompagné de sa dernière épouse Hélène dans un immeuble au 112 quai de Tounis avec vue sur la Garonne.
Et enfin dans le square Charles de Gaulle, à l’arrière du Capitole, une sculpture en bronze lui rend hommage.

Elena nous guide jusqu’à la rue Gramat, au cœur du street art toulousain, qui a débuté dans les années quatre-vingts.

C’est un ami de Nougaro, Claude Sicre musicien et chanteur occitan qui participe à un projet visant à transformer cette petite rue en espace d’expression artistique. Initiateur de nombreuses actions culturelles populaires de quartier, il lance à Toulouse les premiers « repas de quartier » devenus la fête des voisins.
De nombreux artistes ont laissé leur signature au fil des années sur les murs et de nouveaux graffitis recouvrent sans cesse les plus anciens.
LA BASILIQUE SAINT SERNIN




Immortalisée par la chanson, « Ô Toulouse » la basilique Saint-Sernin dédiée à Saint Saturnin est l’un des monuments les plus célèbres de Toulouse.
C’est la plus grande église romane conservée en France et l’une des plus vastes en Europe avec sa nef de 115 mètres de long et sa voûte à 22 mètres. Église de pèlerinage, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Nous découvrons tour à tour :
La fresque de la résurrection datée de la fin du XIe siècle et restaurée en 2019.
Le maître-autel en marbre du XIe siècle consacré par le pape Urbain II en 1096.
Le reliquaire de Saint-Sernin qui abrite les reliques de Saint Saturnin (Sernin en occitan) premier évêque de Toulouse martyrisé.
Le bas-relief en marbre symbolisant le Christ.

Un ex-voto suspendu représentant une maquette de l’église Saint Sernin

Le vitrail de Jean-Michel Othoniel qui orne la rosace de la grande entrée de la basilique.

Nous traversons la place du Capitole
La croix occitane dessinée par Raymond Moretti au centre de la place représente les douze signes du zodiaque, les douze mois de l’année et les douze heures du jour.

Il est également l’auteur des 29 tableaux qui décorent les plafonds de la « Galérue des arcades ». Ceux-ci représentent des évènements ou des personnalités qui ont marqué l’histoire de Toulouse tels les croisades, Carlos Gardel, le Stade toulousain et bien entendu Claude Nougaro…


Déjeuner à la brasserie « Le Père Léon » établissement emblématique de la place Esquirol.

Elena vient nous retrouver au restaurant et nous repartons ensemble en direction du quartier Saint Etienne

Nous dépassons le musée des Augustins, le musée des beaux-arts est installé dans un ancien couvent. Plus loin, nous observons une maison médiévale à corondage. A la différence de la maison à colombage, les espaces entre les poutres sont remplis avec des briques à la place du torchis permettant ainsi de réduire les incendies.
Au centre de la place de la cathédrale Saint-Etienne, se trouve la plus ancienne fontaine publique de la ville, la fontaine du Griffoul.

LA CATHEDRALE SAINT ETIENNE

La nef de la cathédrale Saint-Étienne se refait une beauté jusqu’en 2028. La cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, classée monument historique, va entamer un vaste programme de restauration de sa nef raymondine, du sol aux vitraux, de juin 2025 à Février 2028. Nous ne pourrons donc pas visiter la nef et entrons à l’arrière de l’édifice.
La construction a commencé au XIIIe siècle et présente une façade asymétrique car au fil du temps les travaux ont été interrompus, repris, et les plans modifiés. Combinant différents styles architecturaux sur plusieurs siècles certaines parties ne s’alignent pas parfaitement.
Elena attire notre attention sur des caractéristiques comme une nef très large, des vitraux originaux du XIVe siècle, l’utilisation de la brique et la pierre taillée, des chapelles richement décorées, un orgue monumental et un retable du 17e siècle.
L’HOTEL D’ESPIE ou COURTOIS DE VICOSE
Rue Mage, nous patientons devant un portail monumental, il faut « montrer patte blanche » avant de pénétrer dans la cour intérieure de l’hôtel particulier d’Espie qui abrite aujourd’hui le consulat de Belgique.
Cet hôtel du XVIIIe siècle est un très bel exemple d’architecture classique entre cour et jardin dont les plans ont été dessinés par l’architecte Hyacinthe de Labat de Savignac.
Pour limiter les risques d’incendie, il expérimente pour la première fois une technique novatrice : remplacer une partie des structures en bois par des voûtes et des cloisons en briques cimentées avec du plâtre.
La famille d’Espie avait fait fortune au Portugal au début du XVIIe siècle grâce au commerce du pastel. Ruinée à la suite du tremblement de terre de Lisbonne, la famille vend l’hôtel qui passe entre les mains de différents acquéreurs et notamment d’une célèbre famille de banquiers toulousains, les Courtois de Viçose. Il est classé Monument historique en 1992.
Dans cette même rue, nous nous arrêtons devant la statue d’une déesse et l’entrée de l’hôtel de Cassan.

Nous traversons la Garonne sur le pont Neuf pour rallier le quartier Saint-Cyprien situé sur la rive gauche
LES ABATTOIRS

En 1823, la ville de Toulouse décide de créer un site permettant de regrouper tous les abattoirs de la ville jusque là éparpillés dans l’agglomération. Le projet confié à l’architecte Marie Joseph Urbain Vitry en 1823 se concrétisera sept ans plus tard en 1833. L’activité des abattoirs se poursuit jusqu’en 1988 et à partir de 1991, la ville de Toulouse et la région Midi-Pyrénées décident d’y implanter un espace d’art moderne et contemporain.
Le bâtiment transformé en musée en 2000 abrite des collections permanentes, des expositions temporaires ainsi que des évènements culturels.

Une exposition est en cours « L’Imagination au pouvoir » consacrée à Jean-Charles de Castelbajac créateur de mode et artiste regroupant 300 œuvres : vêtements, objets de design, dessins, collages, photographies.
Nous parcourons cinq décennies de création mêlant mode, art contemporain, musique, pop culture et spiritualité.
Le public est accueilli par une assemblée de bannières médiévales colorées qui retracent des étapes de sa vie et qui annoncent sa marque de fabrique : l’utilisation intensive des couleurs primaires.


Pionnier dans l’utilisation des matériaux dits pauvres transformés ou « upcycling » pour en faire des vêtements, il utilise des serpillières, des couvertures de déménagement ou de survie. Il crée des vêtements-sculptures composés d’objets dont des ours en peluche, des gants, des pelotes de laine. Il casse les codes de la mode classique en créant des robes-poèmes inspirées par Cocteau, des robes-portraits ou robes-tableaux issues de sa collaboration avec de nombreux artistes.
En 2024, Jean-Charles de Castelbajac est choisi pour créer les vêtements et ornements liturgiques pour la réouverture de Notre-Dame de Paris.


Après cette journée intense en découvertes et en kilomètres parcourus à pied, nous nous rendons au restaurant installé dans une ancienne cave voûtée d’un prieuré « Les Caves de la Maréchale ». La sœur et le beau-frère de Jocelyne qui s’étaient joints au groupe pour la visite de l’exposition Castelbajac dineront aussi avec nous.
Jeudi 23 avril 2026
LA PENICHE DE LA VIOLETTE

Pour cette dernière visite à Toulouse, nous nous dirigeons vers le canal du Midi où se trouve amarrée une authentique péniche des années 30 qui abrite la Maison de la Violette.
Pas besoin d’avoir le pied marin, mais nous sommes vigilants pour descendre à l’intérieur de la cale dans laquelle flotte un parfum délicat.

Nous sommes accueillis par Cécile, toute de violet vêtue, capitaine de la péniche, qui va nous faire découvrir l’univers de la violette sous toutes ses formes.
Madame Hélène Vié, propriétaire de la péniche a décidé de se consacrer à la conservation de la violette de Toulouse, une violette d’hiver, dont seulement quelques horticulteurs contribuent à la survie.

Parmi les 396 variétés de violettes existantes roses, blanches, violettes, une seule est élue Violette de Toulouse, c’est une plante vivace d’extérieur que l’on ne retrouve pas à l’état sauvage, puisqu’elle ne possède pas de graines. Elle donne des stolons qu’il faut bouturer. Elle fleurit de décembre à mars.
Emblème officiel de la ville, elle fut exportée dans toute l’Europe grâce à l’aéropostale.
Introduite en France vers 1850, la Violette de Parme s’est parfaitement adaptée au climat toulousain.
A son apogée, elle faisait vivre des centaines de producteurs et 600 familles vivaient en hiver de la vente de cette fleur.
Au fil des années de nombreux produits dérivés contribuent à la renommée de la Violette toulousaine, la cristallisation de celle-ci, le parfum, la liqueur et des poupées « marchandes de violettes » confectionnées dans des ateliers.
Pour terminer, nous dégustons des thés parfumés et des produits gourmands et nous achetons quelques souvenirs : confiseries, cosmétiques ou cadeaux parfumés.

Pour terminer notre séjour, nous nous mêlons aux voyageurs du métro pour rejoindre la place du Capitole afin de déjeuner dans une brasserie historique Le Bibent qui signifie « bien boire » en occitan. Fondé en 1861, l’édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1975 pour son décor intérieur caractéristique de l’époque de Napoléon III.


Après un excellent repas dans ce lieu historique, notre séjour s’achève et il est temps de récupérer nos bagages afin de repartir vers Paris.
Texte : Joëlle – Photos : Annie S., Jacqueline, Joëlle, Jocelyne

