Un petit groupe d’amicafiens se retrouve Gare Saint Lazare pour faire le voyage jusqu’à Argenteuil. Après un court trajet, en sortant de la gare, le groupe emprunte le boulevard Karl Marx, s’arrête devant le 27 où séjourna Karl Marx en 1882, puis rejoint les quelques personnes déjà présentes devant la maison impressionniste au 21 du boulevard.


Le responsable de l’établissement, Simon ouvre le portail et accueille notre groupe de 22 personnes qui pénètre dans la maison rose aux volets verts, dite aussi maison impressionniste où Claude Monet résida avec sa famille. Il nous précise son rôle dans l’établissement et passe la parole à Marine, animatrice culturelle qui nous guidera tout au long de la visite.


Elle nous relate ce qui a conduit Claude Monet à Argenteuil.
L’entrée en guerre de la France en juillet 1870 contre la Prusse ne soulève aucun sentiment nationaliste chez Monet qui préfère s’éloigner de Paris. Il s’installe dans un premier temps à Trouville-sur-Mer. À la fin de l’année, Il décide de partir à Londres. Fin mai 1871, il se rend aux Pays-Bas.
Claude Monet déménage à Argenteuil en 1871.
Après ces quelques mois d’exil durant cette guerre franco-prussienne, il souhaite fuir l’agitation parisienne, pour peindre, au calme, la campagne et les berges de Seine…
Argenteuil remplit toutes les conditions, la campagne est à proximité de Paris et de plus, la ville est réputée pour la culture des asperges, avérée depuis le XVIIe siècle et pourcelle de la vigne avérée depuis l’Antiquité. Marine précise que ces productions vont peu à peu disparaitre avec l’extension des activités industrielles mais la variété d’asperge perdure sous l’appellation « asperge d’Argenteuil ». De plus en 1996, la municipalité a replanté et continue d’entretenir des ceps de Pinot noir et de Chardonnay comme témoignage du passé rural d’Argenteuil
Avec la construction d’une gare à Argenteuil, reliant la ville en seulement vingt minutes à la capitale, de nombreux Parisiens s’y font construire une résidence de week-end… La destination est très prisée.

Par l’entremise de Manet, Monet s’installe, en premier lieu, dans la Maison Aubry, située à l’angle du boulevard, à quelques pas de la maison aux volets verts, maison aujourd’hui disparue.
Emménagement en 1874 dans la « maison rose aux volets verts ».
Monet et sa famille s’installeront dans cette demeure bourgeoise au style « chalet suisse » très en vogue au XIXe siècle. Avec à l’arrière, un très grand jardin que Claude Monet, pris de passion pour l’art du jardin, organisera, un coup d’essai avant Giverny.
Marine nous entraine dans la visite de la maison en nous expliquant l’histoire de cette propriété qui, après le départ de la famille Monet, est vendue à différents propriétaires et a subi de nombreuses modifications.
En 2006, la commune d’Argenteuil l’achète et entreprend des travaux de rénovation et ce, de 2016 à 2020. Les objectifs poursuivis sont :
– conserver l’architecture d’origine en recherchant des meubles similaires à ceux de Monet,
– proposer une scénographie innovante au travers de dispositifs numériques,
– créer une expérience de visite unique.


La visite commence dans le jardin d’hiver qui a été totalement reconstruit d’après les tableaux de Monet. Ce nouvel espace offre une magnifique vue sur le jardin où nous nous rendons ensuite.


Totalement réaménagé, le jardin a retrouvé les essences florales d’antan, toujours inspiré des tableaux de Monet. L’ancien sentier est de nouveau matérialisé au sol, l’annexe et la pompe à eau ont été restaurées et le vis-à-vis atténué par une haie végétale car une partie de ce jardin avait été réduit pour construire une école Pigier.
Nous regagnons la maison et nous nous séparons en deux groupes, un groupe montera directement au second étage, l’autre s’arrêtera au premier. Auparavant, nous regardons un film sur Monet et ses œuvres.
Nous ne verrons aucun tableau, uniquement des reproductions numériques. Entre 1872 et 1877, Claude Monet a peint 259 toiles dont 158 représentant Argenteuil.
Monet entre ville et campagne (1er étage) :
Cet étage est consacré aux œuvres de Monet tournées vers la ville et la campagne, le circuit se poursuit avec les rues d’Argenteuil, les ponts, la gare, les trains et la campagne environnante. Au regard des œuvres reproduites, cartes postales et plans anciens nous plongeons dans Argenteuil au XIXe siècle et en comprenons les évolutions.
Maisons et rues d’Argenteuil

Maisons argenteuillaises boulevard Héloise

Rue de la chaussée Grande rue
Les ponts

La campagne

Monet s’intéresse aux trains, notamment à ceux en provenance de Paris et en partance pour Mantes. Cet intérêt annonce la célèbre série consacrée à la gare Saint Lazare en 1877.

Dans ce décor du XIXe siècle, en ouvrant volets, tiroirs, armoires, en se regardant dans le miroir d’une coiffeuse ou derrière un paravent, on découvre des tableaux.


Femme à l’ombrelle
Monet et la Seine (2ème étage) :


Reconstitution du bateau atelier

Le bateau atelier de Monet Les bateaux rouges
En montant l’escalier, c’est vers la Seine, que le parcours continue. Véritable source d’inspiration, une sélection d’œuvres autour des berges de Seine et des régates offre un panel de vues magnifiques du fleuve. En traversant ensuite la reconstitution du bateau atelier, nous ressentons une sensation incroyable : flotter sur la Seine.
Monet souhaitant peindre sur l’eau, s’inspire du peintre Charles-François Daubigny qui avait conçu en 1857 un bateau atelier. Aidé de son ami Caillebotte, il se fait construire son propre bateau atelier. Ce dernier, passionné de régates et véritable architecte naval, concevait ses propres embarcations notamment « le Roastbeef », un sloop (petit voilier à un seul mat).
Mais Argenteuil devient au début du XXe siècle, une cité industrielle et ouvrière spécialisée dans l’automobile et l’aéronautique et Claude Monet semble de moins en moins en phase avec cette évolution.
Dès 1876, il se consacre davantage à peindre des toiles plus intimistes dans le cadre de son jardin.

La maison familiale Le déjeuner
La capeline rouge
En 1878, Monet quitte définitivement Argenteuil pour s’installer à Giverny.
La visite se termine, la scénographie mise en place, inédite et ludique, nous a passionnés et amusés. Nous quittons Argenteuil à regret.
Texte : Denise – Photos : Denise , Jocelyne & Marie-Thérèse

