SIXIEME DICTEE – SEANCE DU 28 OCTOBRE 2026

Début de séance, nous fêtons l’anniversaire de Christiane : petits gâteaux confectionnés par Lucienne et Marie-France, champagne et « comme il convient » du jus d’orange.

Retour aux choses sérieuses, Marie-France, maitre de cérémonie, ce mercredi 28 octobre, a choisi, en tant que bretonne, un texte sur sa région, extrait de « Ils sont fous ces Bretons » d’Erwan Vallerie, nom de plume d’Yvon-Gildas Vallerie, historien, écrivain, linguiste et grand défenseur de langue bretonne (1944-2022) , nous sommes onze à nous prêter à l’exercice.

 

La Bretagne = pot de chambre de la France

Le Breton adore son climat. Mais c’est un amour de vieux couple, qui a résisté — c’est le cas de le dire ! — à bien des tempêtes. Il passe donc son temps à s’en plaindre.

La grande différence entre vous et un Breton, d’ailleurs, c’est que vous ne vous plaignez que quand il tombe des cordes, alors que le Breton se plaint en toute circonstance : s’il pleut, il rouspète ; s’il ne pleut pas, il dit qu’il va pleuvoir ; et si le soleil est aveuglant, il grogne qu’il fait lourd !

Qu’un hors-venu se croyant dédouané par les gémissements de l’autochtone, lâche la bonde de son exaspération devant la pluie fine et son visage se ferme…

Si votre interlocuteur se tait, n’allez pas prendre son silence pour un acquiescement : en Bretagne qui ne dit mot ne consent pas.

Le Breton n’aime ni le soleil, ni la pluie : ce qu’il aime, c’est que le temps change. Et, sans ce rapport, il est perdu. Son idéal, souvent atteint est de voir se succéder le ciel bleu, la boucaille et un bon petit coup de chien pour regarder les nuages filer. L’horreur absolue est ce beau fixe désespérant, mortellement ennuyeux.

Et la tempête me direz-vous ? La tempête fait partie de la vie. Elle est considérée comme un spectacle de choix gratuit de surcroît. Elle suscite un sentiment de fierté.

Bien entendu, si dédaignant mes conseils, vous vous obstinez dans une situation de dénigrement aussi néfaste que primaire, vous devez savoir que vous n’aurez pas le dernier mot. Le Breton a toujours la ressource de sortir son joker contre lequel vous resterez sans voix, le microclimat. Le climat en Bretagne change plus vite que l’homme qui se déplace.

Enfin et après, quelques mois, si vous souffrez encore, pensez au réchauffement climatique.

On pourra toujours malgré la montée des eaux survivre en Bretagne à condition de s’être installé, de préférence, sur une côte à falaise.

Mot peu usité : Boucaille – Petite pluie fine accompagnée de brume, sans vent. Utilisé en Normandie, en Bretagne, en Aunis et à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Mots à l’orthographe un peu compliquée :

-Hors-venu :  nom commun régional employé en Bretagne, dans la Sarthe, en Mayenne et en Loire Atlantique. Personne étrangère au village, à la localité ou au pays traditionnel où elle réside.

– autochtone : personne ou groupe originaire du pays ou du territoire qu’il habite, dont les ancêtres y vivaient avant toute arrivée de populations par immigration ou colonisation.

– Lâcher : verbe du 1er groupe signifiant détendre, cesser de tenir, abandonner ou un nom commun (lâcher de ballons). L’absence d’ accent circonflexe sur le â une faute d’orthographe.

–  acquiescement : consentement, adhésion ou approbation à une idée, une demande ou une offre.

– surcroît :  toujours avec un accent circonflexe sur le î. Ce qui s’ajoute à quelque chose en en augmentant l’importance, la quantité, le nombre : un surcroît de travail.

– microclimat : ensemble des conditions météorologiques et climatiques ; s’écrit correctement en un seul mot mais le tiret entre les deux termes est toléré.

Ensuite, Ninou nous déclame, avec brio, un très beau texte  d’Yves Duteil sur la grammaire s’intitulant « Avoir et être », une poésie qui met en scène ces deux verbes rivaux :

Loin des vieux livres de grammaire
Écoutez comment un beau soir
Ma mère m’enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir..

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Retrouvez la suite sur internet, cela  en vaut la peine.

Puis, Jacqueline propose, pour la prochaine fois, que chacune d’entre nous prépare un texte de quelques lignes incluant des noms de fleuve, ville, département, acquiescement de toutes.

Elle poursuit en nous demandant ce qu’est un apophtegme : une parole mémorable, une sentence concise ou une maxime exprimée de façon frappante et souvent pleine de sagesse et nous fait bien rire avec quelques exemples :

– Mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse septique !

– Si Ormuz est un détroit, alors qui sont les deux autres ?

– Mon cordonnier me dit qu’il n’est pas curieux et pourtant il semelle de tout !

– C’est en Irlande que les Guy naissent…

Nous terminons avec un quizz pour retrouver parmi 4 propositions, la définition des mots suivants : agélaste, thébaïde, faix, ludomanie, lantiponner, adamantin, primesautier. A vos dictionnaires pour en trouver la définition.

Avant de se quitter,  le prochain maitre de cérémonie doit être désigné et c’est Christiane qui se charge de la dictée du  25 novembre, qui se tiendra salle Martineau à 14h30.

Texte : Jocelyne – Photos : Christiane et Jeannette