Visite de la crypte archéologique de l’Ile de la Cité – Vendredi 30 janvier 2025

Le rendez-vous fixé à 14h15 sur le parvis de notre Dame nous permet d’admirer la cathédrale Notre Dame récemment réouverte au public. Le groupe est important 30 personnes cependant 9 adhérents n’ont pas pu participer à cette visite.

Vincent Delaveau, notre conférencier nous accueille et commence dès l’entrée dans la crypte par nous présenter à partir de la maquette, le site d’origine de tous les bâtiments démolis au fil des années ainsi que l’histoire s’y rapportant.

La crypte archéologique abrite donc des vestiges du Paris antique, médiéval et d’époque contemporaine mis à jour entre 1965 et 1972 lors de la construction d’un parc de stationnement souterrain. Cette fouille est l’unique site archéologique ouvert au public à Paris. Sur près de 1800 m2, il témoigne des transformations de la ville dès sa fondation à la fin de la conquête de la Gaule par Jules César.

Nous avons  observé plusieurs de ces éléments :

De l’époque Gallo-Romaine :

Un tronçon du mur du quai du port antique de Lutèce qui prolonge habilement le quai d’origine projeté sur un écran. Toutefois, des légendes et des fouilles archéologiques réalisées entre 1994 et 2005 à Nanterre ont un temps mis en doute la localisation de la Lutèce gauloise avec la découverte d’un vaste espace d’urbanisation sur le territoire actuel de Nanterre. Mais Jules César écrit dans la Guerre des Gaules que « la place des Parisii »(peuple gaulois ) était « située dans une île de la Seine ».

Un établissement de bains publics (thermes) dont subsiste le système par hypocauste « caldarium », système de chauffage par le sol et les murs avec des salles chaudes, tièdes (tepidarium), froides (laconicum).

Une partie du mur d’enceinte du début du IVe siècle porte les initiales des ouvriers qui l’ont construit.

Du Moyen-Age :

Les fondations des maisons de la rue Neuve Notre Dame.

Du XVIIIe siècle :

Les fondations de l’Hospice des enfants trouvés

Du XIXe siècle :

La trace des égouts haussmanniens de forme ovoïde pour éviter que le conduit n’éclate sous la pression de l’eau.

De l’époque contemporaine :

Un casque de la première guerre mondiale

Une exposition temporaire, « Dans la Seine, Objets trouvés de la Préhistoire à nos jours » est un véritable complément de compréhension des rapports entre les hommes et le fleuve. Au cours du temps, la Seine a reçu quantité d’objets jetés, perdus, cachés. Au hasard des courants et des travaux, ils ont pu être collectés, puis étudiés par des scientifiques afin de livrer leurs secrets. Plusieurs de ces vestiges ont attiré notre attention.

Pilier des Nautes

Le pilier fut érigé en l’honneur de Jupiter par les Nautes de Lutèce. Sa dédicace, qui mentionne Tibère, permet de le dater du Ier siècle, cet empereur romain ayant régné entre 17 et 37. Qui étaient les nautes ? Les nautes de Lutèce formaient une corporation de riches armateurs mariniers et commerçants naviguant sur la Seine et de là vers les fleuves et rivières du reste de la Gaule. Ils furent à la base du commerce et des échanges entre Lutèce et le reste du monde antique.

Trois statuettes de divinités gallo-romaines particulièrement honorées à Lutèce, elles ornaient les autels des maisons. (Apollon, Mercure, Sequana)

Puis l’on découvre la dendrochronologie, méthode de datation par l’étude des anneaux de croissance des troncs. Ce qui a permis aux scientifiques de dater les souches retrouvées dans la Seine.

Dans une autre vitrine, des éléments tombés dans la Seine du Pont Neuf : mascaron et élément du parapet.

Et enfin, un tableau de Fédor Hoffbauer qui a peint une vue panoramique de Paris en 1588 nous a donné une idée plus juste du Paris de l’époque.

La visite de la crypte arrivée à son terme, Vincent Delaveau nous invite à remonter sur le parvis de Notre Dame, il nous rappelle qu’ici était érigée l’Eglise Sainte Geneviève du Miracle des Ardents connue au Moyen âge sous le nom de Sainte Geneviève la Petite, église dédiée à la Sainte et aujourd’hui détruite. Vincent Delaveau nous livre une des nombreuses anecdotes sur Sainte Geneviève celle du miracle de 1130, la maladie dite des ardents ou « épidémie d’ergotisme » provoquée par l’ergot de seigle avait tué environ 14 000 personnes mais grâce à celle-ci,100 personnes sur 103 auraient  guéri…

Il nous montre ensuite les traces de quelques anciennes rues comme : « La Pomme de pin », « Le gros Tournoy », « Sente des merisiers », « Rue du Chat qui pêche » ainsi que le point zéro des routes de France. On peut dire que nous avons fait un long voyage entre Lutèce et Paris !

Nous nous quittons vers 17h00, certains prennent la longue file d’attente pour visiter Notre Dame tandis que d’autres vont prendre un pot dans une des nombreuses brasseries du quartier Saint Michel.

Texte : Nadine – Photos : Jocelyne et Nadine